Financement de l’art

4 commentaires

Être artiste est un job à plein temps. La création artistique est un processus qui nécessite un gros travail introspectif. On ne peut créer sur ses soirées libres, ou pendant le weekend.

Partant de là, une question se pose : comment un artiste survivra-t-il ? Comment peut-il avoir accès à de la nourriture, des vêtements, un logement,… et des moyens de création artistique (instrument de musique, toiles, appareil photo, ordinateur,…) ?

Une première idée serait de le rémunérer en fonction de sa production artistique. C’est une pratique largement adoptée aujourd’hui par les chanteurs qui vendent leurs disques, les peintres qui vendent leurs toiles, les écrivains qui vendent leurs écrits,… Ainsi, on est poussé à vendre plus pour gagner plus. Or, vendre plus nécessite qu’on produise conformément au goût de la masse. Ceci conduit à une production standard, scolaire, « yet another… » qui ne choque pas. Je pense ici à Marc Levy, et aux films d’action. Or, le propre de la créativité, notamment artistique, est de percuter les dogmes de la société, de remettre en question les normes.

Vendre l’art est donc créatricide.

N’étant pas proportionnel à la vente, le financement de l’artiste est donc forfaitaire. Deux alternatives se présentent : le privé et le public.

Le financement public est soit fait par projet (on finance un projet) ou par artiste (on finance un artiste). S’agissant de bien public, la décision de financement est prise soit par des « experts » (des pairs) soit par les « détenteurs du bien » (le pouvoir public). A moins d’avoir un comité d’experts bien-veillant, ouvert à la créativité et favorable à tout choc, ce moyen de financement impose de facto une ligne éditoriale. Cette ligne peut être conservatrice, soit progressiste. Elle serait conservatrice notamment dans le cas d’une commission des pouvoirs publics, et progressiste dans le cas d’une commission d’experts. Sans condamner l’une ou l’autre, le fait est que la liberté de l’artiste en est atteinte. De plus, outre le sujet, il y a un jugement sur la forme. Que pensaient les pairs contemporains de Picasso du cubisme ? Et que pensait-on des Beatles à leurs débuts ? Qui est habilité à différentier une forme artistique révolutionnaire d’un gros-n’importe-quoi ?

Le financement public est donc très probablement non seulement créatricide pour la forme, mais aussi liberticide pour le contenu.

Le financement privé peut se faire soit par mécénat, soit un autofinancement (riche héritier,…). L’autofinancement donne le plus de liberté à l’artiste aussi bien sur la forme que le contenu. Tant qu’il a des moyens de subsister, nul ne l’empêche de faire ce que bon lui semble de son temps libre. Le mécénat quant à lui est inévitablement subjectif. Il est soit institutionnel (financement par une association, une organisation, une entreprise,…), soit personnel (financement par une personne). Le mécénat institutionnel nous ramène aux problématiques du financement public. Le mécénat personnel s’arrête quant à lui sur le goût du détenteur du capital, qui pourra soit croire en cet artiste et le financer, soit ne pas le faire.

En conclusion, du moment qu’on cherche à sortir des sentiers battus dans la création artistique, il faut être riche ou connaitre quelqu’un qui l’est… ou bien mener une vie de bohème.

Publicités

Aujourd’hui une levrette, demain un gros mot et puis une idée qui dérange #Free404

Laisser un commentaire

Ce n’est pas une histoire de sexe #Free404

Le jugement est tombé. Lundi 13 juin 2011, l’appel interjeté par l’ATI pour la censure de l’internet a été rejeté. Depuis des voix s’élèvent aussi bien pour critiquer ce jugement que pour l’applaudir.

Personnellement, cette sentence m’indigne. D’abord parce qu’il s’agit de censure dans son sens le plus absolu. Il ne s’agit pas de défendre le porno mais de combattre la censure. En effet, censurer est fondamentalement une entrave à la liberté d’expression et à liberté d’accès à l’info (voir l’Article 19 de la déclaration universelle des droits de l’homme). Rappelons-nous que le régime ZABA censurait. Re-censurer, même sous ordre de justice, créera un précédant en justifiant la ré-existence de l’infrastructure nécessaire.

On a censuré aujourd’hui les sites à contenu pornographique au nom de la morale. Cette morale s’opposera-t-elle un jour aux gros mots ? Censurons dès lors les sites (et les blogs) contenant les gros mots. Partant de là, si nous censurons les images qui gênent et les mots qui gênent, qu’est-ce qui nous retient de censurer les idées qui gênent ? On serait bien là revenu dans la case départ.

Parallèlement, la pornographie est un problème. Vendre son corps (même qu’en image) est désolant. Forcer les gens à le faire est donc criminel. La problématique doit être placé au niveau émetteur et non récepteur. La Tunisie aujourd’hui n’abrite aucun (ou bien très peu) de sites pareils. C’est là que doit agir la loi. La loi doit interdire quiconque de placer du contenu illicite, nullement interdire au public de le voir. Il s’agit de responsabiliser l’expression et non l’accès à l’information.

Mais la gravité de cette censure est ailleurs. Censurer le porno n’empêche personne de le voir. Les moyens de contournement sont nombreux et faciles à utiliser (Proxys). La censure crée donc une illusion de protection, si tel est le but de l’action. Le parent, croyant être certain que ses enfants naviguent sur un internet sans danger, sera berné très facilement. De plus, les dangers de l’internet ne se résument pas à regarder des images à contenu pornographiques. Entre l’usurpation des données personnels, le détournement de mineurs, l’atteinte à la vie privée, les fausses identités,… les dangers pullulent sur la toile. Et, à moins d’interdire internet tout simplement (ce qui est un crime par rapport à l’accès au savoir), l’éducation est la seule solution.

Une lecture plus profonde du problème nous ramène à une autre problématique : est-ce le rôle de l’Etat de nous protéger ? Dans une société qui passe d’une relation gouvernant-gouverné à une relation de citoyenneté, est-il encore du rôle du Pouvoir de jouer le rôle du père protecteur ? N’est-il pas plus approprié de faire confiance à chaque citoyen de choisir son éthique et de décider ce qui est bon pour lui ? Est-il du rôle des parents de décider ce qui est bon (ou pas) pour leurs enfants ? Est-ce à eux de chercher le moyen de le faire ? Ne devrait-on pas plutôt souscrire à un filtre parental optionnel chez un fournisseur d’accès internet ou installer un logiciel de contrôle parental ?

Dans la peau d’un policier

Laisser un commentaire

Moi policier, je veille à attraper voleurs, violeurs et assassins.
Moi policier, j’empêche ceux qui transgressent les lois de récidiver.
Moi policier, j’évite le désordre dans les embouteillages.
Moi policier, j’ai été contraint par ceux qui se croient au dessus de la loi.
Moi policier, j’ai été collègue, malgré moi, des corrompus qui abusaient.
Moi policier, j’ai été détesté par le peuple que j’espérais protéger,
Moi policier, détesté si je fais mon travail,
Moi policier, détesté si je NE fais PAS mon travail.
Moi policier : témoin de l’hypocrisie sociale.
Moi policier… bâtard ? #ACAB

La quête de liberté

Un commentaire

[Article initialement posté le jeudi 11 février 2010 sur Citations à la con]

Ce post est une réponse à une note Facebook (lien) mais pas dans le sens strict. Ce n’est pas une pure réaction à la note, mais juste une vision différente du sujet abordé dans la note précitée : la liberté.

Dans la note L’oiseau libre, la liberté est présentée comme relative et non absolue : une liberté restreinte dans un « cadre rouge » défini par les dogmes et les normes sociales. Ma vision est différente.

Je me dois de vous renvoyer à la pyramide des besoins de Maslow . Ce psychologue du 20ème siècle met l’appartenance au 3ème rang des besoins humains. La société humaine a développé (ou « a été conçue de telle forme qu’elle développerait » pour être plus rigoureux ou selon les croyances) des mécanismes permettant la cohésion sociale pour répondre à ce besoin. Et cette cohésion sociale est plus importante pour l’individu que sa réalisation propre, sa liberté.

La liberté, si elle est atteinte par chacun, conduirait de facto à l’anarchie. Atteindre le 5ème palier revient à renoncer, à détruire, à réduire à néant le 3ème palier. Atteindre la liberté crait donc le besoin d’y renoncer. Paradoxal!

Pourquoi cherchons-nous à être libre? Pourquoi sommes nous enclins à vivre cette quête de la liberté? Pourquoi tant d’Hommes vivent, combattent, militent et meurent pour cette liberté malgré le danger que ça représente pour leur société ?

Ma réponse ? Pour l’évolution.

Je m’explique. Une société où les mécanismes de cohésion sociale seraient si puissants est une société immuable, inerte, qui n’évolue pas. La quête de la liberté est un mécanisme qui pousse les plus téméraires de ses membres, les plus accomplis (dans le sens qu’ils ont atteint un haut niveau dans la réalisation de leurs besoins) à essayer de changer les choses. Leurs rôles, en tant qu’êtres évolués est de remettre en question les dogmes de la société, non pas pour se libérer, mais pour en créer d’autres qu’ils jugeront meilleurs.

Ce pouvoir créateur, s’il était à la main de chacun, conduirait l’humanité à sa perte, conduirait toute société à sa dislocation. Il doit être restreint à certaines personnes.

La liberté, dans son sens le plus strict ne peut être jamais atteinte. La quête de la liberté est l’illusion qui pousse l’humanité à aller de l’avant. Tel l’âne qui poursuit sa carotte sans jamais l’atteindre, nous devons puirsuivre l’illusoire liberté sans nous arrêter.

âne et carotte | Source : http://www.custombrigad.com/forum/viewtopic.php?t=4824&sid=603e40dcf5cd0676cd60bf45628d0ed7

Âne et carotte

Hello world!

Laisser un commentaire

Welcome to WordPress.com. This is your first post. Edit or delete it and start blogging!